RDC : L’Enseignement ouvert et à distance : une révolution en marche grâce aux partenariats public-privé

La République Démocratique du Congo (RDC) est à l’aube d’une transformation majeure de son système éducatif. Dans un article récemment publié par la Revue Panafricaine de la Jeunesse, les chercheurs Valery Ngoy Ndala, Pr. Wilfred Mushagalusa Ganza et Thierry Abankwi Ipama soulignent le rôle crucial des partenariats public-privé dans le développement de l’enseignement ouvert et à distance (EOD). Alors que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU) finalise une Stratégie Nationale pour rendre l’EOD opérationnel, cette réforme ambitieuse promet de démocratiser l’accès à l’éducation et de moderniser un secteur confronté à des défis historiques.

Avec seulement 15 % des jeunes congolais accédant à l’enseignement supérieur, la RDC fait face à une crise éducative aiguë. Le manque criant d’infrastructures, la pénurie de ressources pédagogiques et la fuite des talents vers l’étranger freinent le développement du pays. Dans ce contexte, l’EOD se présente comme une réponse innovante, capable d’atteindre les populations des zones reculées grâce aux technologies numériques. Cette approche, qui combine flexibilité et accessibilité, pourrait bien devenir le levier d’une éducation inclusive et adaptée aux réalités du XXIe siècle.

Pour que l’EOD prenne véritablement racine, les auteurs insistent sur la nécessité d’une collaboration étroite entre l’État et le secteur privé. Ce dernier pourrait jouer un rôle déterminant en apportant des solutions concrètes aux défis structurels. Parmi les priorités identifiées : le financement d’infrastructures numériques et énergétiques, le développement de plateformes éducatives adaptées au contexte local, la formation des enseignants aux outils technologiques et l’amélioration de la connectivité Internet dans les régions les plus isolées.

« Sans ces partenariats, la vision d’un enseignement ouvert et à distance risque de rester un vœu pieux », avertissent les chercheurs.

 

Si l’EOD est inscrit dans la loi-cadre de l’éducation en RDC depuis 2014, les diplômes obtenus en ligne souffraient jusqu’ici d’un déficit de légitimité. Une avancée significative a toutefois été enregistrée cette année : un arrêté ministériel, promulgué en 2025, reconnaît officiellement ce mode d’enseignement, y compris les diplômes délivrés par les universités en ligne, sous réserve du respect strict des normes réglementaires. Cette décision marque un tournant, renforçant la crédibilité de l’EOD et ouvrant la voie à une adoption plus large.

Pour maximiser l’impact de cette réforme, les experts appellent à une réglementation claire et à une harmonisation avec les standards internationaux. Une telle démarche garantirait la qualité des formations et encouragerait les étudiants à opter pour ces cursus innovants.

« L’EOD ne doit pas être perçu comme une solution au rabais, mais comme une opportunité de rivaliser avec les meilleurs systèmes éducatifs mondiaux », souligne Valery Ngoy Ndala, co-auteur de l’étude.

 

Portée par une volonté politique affirmée et un potentiel technologique croissant, l’initiative de l’EOD pourrait redéfinir l’avenir de l’éducation en RDC. En mobilisant les forces vives du secteur privé aux côtés des efforts publics, le pays a l’occasion de surmonter ses défis structurels et de bâtir un système éducatif plus équitable. Alors que la Stratégie Nationale se précise, tous les regards sont tournés vers les acteurs impliqués pour faire de cette révolution une réalité tangible.

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