

Princeton – Une avancée scientifique sans précédent vient de bouleverser un pilier fondamental des mathématiques appliquées. Des chercheurs de l’Université de Princeton ont réussi l’exploit d’améliorer la célèbre méthode de Newton, une technique développée il y a plus de trois siècles et largement utilisée dans des domaines aussi variés que la finance, la physique, la logistique et l’intelligence artificielle.
Depuis son invention par Isaac Newton au XVIIe siècle, cette méthode d’optimisation permet de résoudre des équations complexes en trouvant les points de minimum d’une fonction – une approche cruciale pour déterminer les valeurs optimales dans de nombreuses applications scientifiques et industrielles. Pourtant, jusqu’à présent, elle était confrontée à des limites qui la rendaient inefficace face à certaines classes de problèmes mathématiques.
Sous la direction du professeur Amir Ali Ahmadi, aux côtés de ses collègues Abraar Chaudhry et Jeffrey Zhang, une équipe de scientifiques a conçu une amélioration décisive de la méthode de Newton. Leur approche repose sur une subtile modification des équations intermédiaires, permettant d’optimiser leur structure mathématique.
L’innovation clé consiste à transformer les équations originales en formes convexes des fonctions ressemblant à un bol, possédant un unique minimum global. Cette modification, rendue possible grâce à une technique avancée appelée « programmation semi-définie », permet d’écrire ces fonctions comme des sommes de carrés, facilitant leur résolution et garantissant une convergence plus rapide et plus précise.
Cette réforme mathématique ouvre de nouvelles perspectives pour de nombreux secteurs. L’optimisation rapide de fonctions complexes est essentielle dans les systèmes de prédiction financière, les algorithmes d’apprentissage automatique, la gestion des chaînes d’approvisionnement et même la conception de circuits électroniques.
En théorie, notre algorithme est aujourd’hui le plus rapide. Nous espérons qu’il le deviendra aussi en pratique d’ici une dizaine d’années. La méthode de Newton a un millier d’applications différentes en matière d’optimisation, et cette amélioration pourrait bien la remplacer, affirme Amir Ali Ahmadi
Malgré son immense potentiel, cette innovation reste confrontée à un obstacle de taille : son coût computationnel. L’approche, bien que plus précise et performante, exige une puissance de calcul supérieure à celle des techniques traditionnelles. Toutefois, avec les progrès constants des ordinateurs quantiques et des processeurs ultra-rapides, cette limitation pourrait rapidement devenir obsolète.
Déjà, des laboratoires de recherche et des entreprises technologiques étudient les possibilités d’intégrer cette nouvelle version de la méthode de Newton dans leurs systèmes. Une révolution mathématique est en marche, et ses implications pourraient façonner les décennies à venir.