

Une équipe de chercheurs de la KU Leuven, dirigée par le professeur Johan Neyts, vient de réaliser une avancée significative dans la lutte contre les coronavirus. Leur étude, publiée dans la prestigieuse revue Nature, révèle la découverte d’une molécule capable de freiner totalement la production de nouveaux virus, offrant ainsi une perspective inédite dans le développement de traitements antiviraux.
Les chercheurs du Centre for Drug Design and Discovery (CD3) de la KU Leuven ont testé plus de 350 000 molécules afin d’identifier celles susceptibles d’inhiber la multiplication des coronavirus.
Nous avons testé 350 000 molécules « à l’aveugle », dans l’espoir d’en identifier certaines capables de freiner la multiplication des coronavirus, a expliqué le professeur Neyts.
Cette approche minutieuse a permis d’isoler une molécule particulièrement prometteuse, baptisée CIM-834. Les scientifiques ont ensuite procédé à une optimisation poussée afin d’en faire un inhibiteur viral puissant.
L’une des grandes révélations de cette recherche réside dans le mode d’action de CIM-834. Contrairement aux antiviraux traditionnels qui ciblent principalement la réplication du génome viral, cette molécule agit en empêchant l’assemblage des particules virales. En bloquant ce processus clé, elle interrompt efficacement la formation de nouveaux virus, stoppant ainsi net leur propagation.
La molécule s’est révélée très efficace chez les animaux de laboratoire. On peut réellement parler d’une percée, a affirmé Johan Neyts.
Les résultats des expérimentations précliniques sont encourageants, et les prochaines étapes viseront à tester l’efficacité de CIM-834 chez l’humain.
Bien que plusieurs années soient encore nécessaires avant la commercialisation d’un médicament basé sur cette molécule, cette découverte ouvre la voie à de nouvelles stratégies antivirales. En identifiant des failles encore inexplorées dans le cycle de vie des virus, les scientifiques pourraient développer des traitements préventifs pour protéger les patients à haut risque lors de futures épidémies.
Notre stratégie démontre qu’il est possible d’identifier des ‘failles’ encore inconnues dans le processus de formation des virus », souligne Johan Neyts.
En anticipant l’apparition de nouvelles pandémies et en constituant une réserve d’inhibiteurs antiviraux, la communauté scientifique pourrait mieux réagir face aux crises sanitaires mondiales.
Cette percée scientifique majeure s’inscrit dans une dynamique mondiale de recherche pour développer des traitements antiviraux efficaces et préventifs. Si CIM-834 passe avec succès les phases de tests cliniques, il pourrait représenter un tournant décisif dans la lutte contre les coronavirus, mais aussi inspirer de nouvelles approches contre d’autres familles de virus.
L’espoir est donc immense : cette avancée pourrait non seulement sauver des millions de vies, mais également transformer radicalement la manière dont la médecine moderne prévient et combat les pandémies virales.